Verre
Ier-IIe siècle ap. J-C
Empúries (L’Escala – Alt Empordà)
Dans les cimetières où étaient enterrés les défunts d’Empúries lors des premiers siècles de l’Empire romain, aux Ier et IIe siècles après J.-C., le rituel de crémation dominait de loin celui de l’inhumation.
Le corps du défunt était lavé et oint d’huiles ou d’onguents parfumés. Après la crémation, les cendres étaient recueillies et placées dans des urnes en céramique, en verre ou en plomb. L’urne était déposée dans une petite fosse, accompagnée des flacons d’onguent ou de baume ayant contenu les huiles ou onguents utilisés pour oindre le corps. Des objets personnels pouvaient également y être placés. Le tout était recouvert de terre et marqué par une pierre ou un amas de pierres.
Ce flacon à baume provient d’une tombe à crémation de l’Emporitan, datant du Ier ou IIe siècle après J.-C. Il mesure environ 5 cm de haut et 3,5 cm de diamètre. Fabriqué en verre soufflé à double moule, de couleur bleue, il a la forme d’un ananas et présente des déformations dues au feu. Il lui manque une partie du col et du bord.
Les pots à baume et à onguent, en verre ou en céramique, sont généralement des récipients allongés, à long col et légèrement renflés. À l’origine, les pots à baume comme celui-ci, en forme d’ananas, de raisin, de datte, de visage humain ou de poisson, par exemple, provenaient d’ateliers du Proche-Orient : Syrie, Palestine, Égypte. Mais dès le Ier siècle de notre ère, des ateliers orientaux s’établirent dans la partie occidentale de l’empire, c’est-à-dire dans la péninsule italique, en Gaule, en Hispanie… Ce pot à baume provient de l’un de ces ateliers occidentaux.
Les habitants des provinces occidentales pouvaient se procurer les élégants modèles égyptiens et syro-palestiniens, fabriqués localement, ce qui les rendait beaucoup plus abordables. Cependant, un pot à baume de ce type se distinguait nettement des modèles plus courants. D’où le raffinement que nous évoquons.